Se rendre au contenu

À l'origine de Passeirier

Découvrez l'étymologie des noms de lieux à Saint-Pierre-en-Faucigny.

Lorsqu’on s'arrête à la Villa Cohendier, on plonge dans l’histoire d’un domaine prestigieux. Mais le patrimoine de notre commune ne s’arrête pas aux grilles de notre parc. Saint-Pierre-en-Faucigny est une terre de fusion, née de la rencontre entre Saint-Maurice, Saint-Pierre-de-Rumilly et un village au nom chantant : Passeirier. Aujourd’hui, nous vous emmenons en balade à travers les siècles pour redécouvrir ce hameau chargé d'histoire, entre légendes templières, traditions agricoles et énigmes étymologiques. Une véritable invitation à la flânerie lors de votre prochaine sortie culturelle en Haute-Savoie.

L'étymologie de "P​asseirier"


L’étymologie est souvent la première porte d’entrée dans l’âme d’un lieu. Pour Passeirier, le voyage linguistique commence dès le XIIe siècle. Les archives nous révèlent une évolution fascinante : Passere en 1153, Passeryeu un siècle plus tard, puis Passeyrie ou encore Passeiry au XIXe siècle.

Mais que signifie ce nom qui semble glisser sur la langue ? Selon les historiens et les linguistes, Passeirier puise ses racines dans l'époque  gallo-romaine. Il ferait référence au domaine d’un certain Passerius. Plus poétique encore, ce nom pourrait dériver du cognomen (le surnom) Passer, qui signifie « moineau ». Imaginer ce village comme le "domaine du moineau" confère immédiatement une atmosphère légère et bucolique à votre promenade dans le secteur.



Une terre nourricière en Haute-Savoie


Si Passeirier est aujourd'hui une zone de passage dynamique reliant La Roche-sur-Foron à Bonneville, elle fut pendant des siècles le grenier à blé de la région. Cette vocation agricole n'était pas seulement une nécessité, c'était un art de vivre salué par les autorités de l'époque.

La gestion "en bons pères de famille"

En 1766, lors d’une visite pastorale, les chroniqueurs ne tarissent pas d'éloges sur les habitants de Passeirier. On y souligne une gestion exemplaire des terres, menée "en bons pères de famille".
À cette période, la commune compte 127 "feux" (ce qui correspond à environ 155 habitants). Le "feu" représentait le foyer, une unité qui nous permet aujourd'hui d'imaginer la vie de ces familles regroupées autour de leurs cultures.

Le "mestel", un savoir-faire oublié

Les champs de Passeirier ne se contentaient pas de produire du blé. On y cultivait le froment, le seigle, l'orge et l'avoine. Mais la curiosité locale résidait dans le mestel. Ce mélange de froment et de seigle était cultivé et récolté simultanément dans le même champ. Cette technique permettait d'assurer une récolte même si les conditions météorologiques étaient défavorables à l'une des deux céréales. En vous promenant aujourd'hui près de l'ancienne fruitière, située le long de la route départementale, vous pouvez encore imaginer l'agitation qui régnait lors des moissons, quand le vent faisait onduler ces mélanges de grains dorés.

Le mystère de Passeirier


C'est sans doute l'anecdote la plus fascinante pour les passionnés du patrimoine haut-savoyard : Passeirier a accueilli une communauté de l'ordre des Templiers (puis des Hospitaliers) au lieu-dit La Serthaz.

Et la Serthaz dans tout ça ?


Le nom "Serthaz" dérive du mot "sauveté" (ou salvetat). Au Moyen Âge, une sauveté était une zone de refuge délimitée par des bornes, placée sous la protection de l'Église. À La Serthaz, les habitants étaient "sauf", c'est-à-dire exempts des servitudes féodales et des dépendances de l'évêque, car les Hospitaliers ne rendaient de comptes qu'au Pape lui-même. Aujourd'hui, cet héritage est encore gravé dans le paysage. Le bâtiment qui abritait cette communauté singulière existe toujours, tout comme un ancien moulin, témoins silencieux d'une époque où Passeirier était une enclave de liberté et de protection religieuse.

​Un patrimoine architectural en Haute-Savoie


En continuant votre exploration de ce village, deux édifices attirent l’attention par leur stature et leur histoire mouvementée.

Le Château Lombard, une demeure de notables

Depuis 1570, la famille Lombard, de grands notables locaux, a marqué la commune de son empreinte. Le "Château" Lombard, qui est en réalité une imposante demeure bourgeoise de plan rectangulaire, impose le respect avec son toit à quatre pans. Toujours habitée, cette bâtisse rappelle que Passeirier n'était pas seulement une terre de laboureurs, mais aussi un lieu de résidence pour les familles influentes de la Vallée de l'Arve.

Un destin insolite de l'église à la mairie

Peu de gens savent que l'ancienne mairie de Passeirier repose sur des fondations sacrées. Dès le Xe siècle, une église était établie à Passeirier. Après avoir changé de vocable et traversé les siècles, l'édifice est tombé en ruines au début du XIXe siècle. En 1864, la décision fut prise de la démolir pour laisser place à la maison commune. C’est ainsi que la vie civile a pris le relais sur cet emplacement.

Prolongez votre visite à la Villa Cohendier !

Après avoir découvert les vestiges de La Serthaz ou admiré la silhouette du Château Lombard, nous vous invitons à nous rejoindre au centre d'interprétation culturel de Saint-Pierre-en-Faucigny. Nos dispositifs interactifs vous permettront de mieux comprendre comment l'homme et la nature ont façonné ce paysage que nous aimons tant.

Pour aller encore plus loin... Toutes ces informations précieuses sont issues de recherches approfondies sur notre territoire. Si vous souhaitez tenir entre vos mains l'intégralité de ces récits, n'oubliez pas que l'ouvrage "Les clés de Saint Pierre" est un trésor de connaissances. Vous pouvez le retrouver, ainsi que notre livre dédié à l'histoire du domaine, dans la boutique de la Villa Cohendier.

Alors, prêt pour une découverte culturelle à Saint-Pierre-en-Faucigny ?

"À vol d'oiseau" un podcast de l'ATMB
Lucinda Aubert, responsable de la Villa Cohendier, vous présente ce lieu unique ainsi que la richesse culturelle qu’il propose.